Fashion interview avec le styliste Eddine Belmahdi

 

Eddine Belmahdi est un designer Franco-italo-algerien. Autodidacte, il décide de lancer sa propre maison de couture. Il puise son inspiration dans le métissage pour créer des vêtements qui peuvent être portés par toutes les femmes.

Pour la création de ses vêtements, le styliste Eddine Belmahdi privilégie des matières préciseuses comme la soie, le velours et le crêpe pour offrir des pièces uniques à ses clientes. Il a habillé quelques célébrités du Maghreb et du monde arabe telles que l’actrice Sara Tekaya ou encore la chanteuse Natasha Sabeh.

Notre fashion designer qui porte un Karakou homme Eddine Belmahdi

Newsfromabc : Quelle a été votre première création ?  

Ma première création ça été une robe verte, portefeuille. C’est une robe qui m’a été inspiré par une chanteuse libanaise.

La chanteuse Natasha Sabeh vêtue d’une robe Eddine Belmahdi



Newsfromabc : Vous êtes d’origine algérienne. L’Algérie est un pays avec une culture très riche et variée. Ce pays influence-t-il votre travail ?

C’est ma principale source d’inspiration. Il y a eu tellement de métissage que c’est une source d’inspiration sans fin. Malgré que ma mère soit française, je tiens plus à l’Algérie peut-être parce qu’elle m’a toujours poussé à être fier de mon métissage. 

Newsfromabc : Pouvez-vous nous dire pourquoi les tenues traditionnelles arabes séduisent elles de plus en plus ?

Je pense que ça a toujours séduit. Maintenant on a beaucoup plus d’informations. Il y a un engouement pour la mode couverte, pudique. Les femmes n’ont pas spécialement envie d’être dénudées. Elles peuvent séduire tout en étant couverte.

Newsfromabc : Quels conseils en matière de mode traditionnelle donneriez-vous à nos lectrices ?

Évitez les pantalons en aluminium, les coupes trop grandes et surtout essayez de sortir du lot sans êtres déguisées. Le plus important c’est de s’assumer pleinement.

 

L’actrice Sara Tekaya lors du festival international du film de Marrakech avec sa robe signée Eddine Belmahdi

 
Newsfromabc : Quels changements aimeriez-vous voir dans l’industrie de la mode ?

J’aimerais voir des mannequins qui ressemblent plus à des femmes et un peu moins à des portes mentaux. Je trouve que la mode se porte plutôt bien en ce moment. J’espère surtout que le grand changement ce sera moi ! Mon objectif serais de faire porter un Karakou à Kim Kardashian et Haïfa Wehbe. 

Newsfromabc : Pensez-vous qu’il y a une différence entre vous et les autres stylistes de votre génération ?

Au niveau technique je ne pense pas. Chacun à son univers. En ce moment il y a une belle brochette de jeunes qui lancent leurs maisons de coutures sans pour autant travailler avec les grandes marques connus.

Newsfromabc : Des conseils à donner aux personnes désireuses de devenir styliste ? 

N’hésitez à vous lancer, étudiez les tendances. Jouez avec les matières et suivez votre passion. Le plus dure c’est de se lancer.

 

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Rencontre avec Starcelest l’un des membres phare du groupe Pompes Funègres. 

Pompes Funègres est un groupe de rap composé de deux comoriens Starcelest et Stucky et d’un sénégalais Suba. Bercés par la musique et attirés par le rap dès le plus jeune âge ils décident ensemble de former un groupe : Pompes Funègres.

Starcelest débute dans le rap dans les années 1996 et c’est en 2003 que Stucky, Suba et Starcelest forment le groupe Pompes Funègres. En 2010 ils sortent leur premier projet intitulé « La Haine du Bled et du Block vol 1 ». Ils signent leur retour avec leur nouveau clip disque de freestyle #3.

Newsfromabc : Comment vous-êtes-vous rencontrés ?

Stucky et moi sommes des cousins. Avec Suba ils se sont connus très jeunes. J’étais encore aux Comores quand j’ai commencé le rap. Stucky et Suba étaient en France. On rappait tous les trois et on s’envoyait les sons pour que chacun puisse donner son avis. Nous avons tissé des liens rapidement et c’est en 2003 que nous avons formé le groupe Pompes Funègres.

Newsfromabc : Pourquoi avoir choisi Pompes Funègres comme nom du groupe ? 

Lol, il n’y a pas vraiment de sens approprié. Nous sommes passés devant des pompes  funèbres quand l’un de nous a sorti une blague « pompes funègres. » Et nous avons ri aux éclats pendant une bonne demi-heure. C’est à partir de là que nous avons adopté ce nom de groupe.

Newsfromabc : Arrivez-vous facilement à concilier vos projets de créations ? 

Oui on ne rencontre aucun problème de ce côté-là. Chacun écrit ses textes et on se les partagent souvent. Aujourd’hui chacun à sa propre vie. Et c’est d’autant plus facile avec les réseaux sociaux comme WhatsApp, on peut s’envoyer les textes. Il y a quelques années nous étions H24 ensemble donc c’était différent. Mais on a toujours tout fait ensemble.

Newsfromabc : Que pensez-vous des clashs entre certains rappeurs français ?

Ça dépend dans quel sens le clash est abordé. Parce qu’il peut être négatif comme il peut être positif. Nous sommes issus du 91 où il y avait l’esprit clash. Le rappeur Sinik a introduit le clash au grand public en France mais ça a toujours été d’actualité chez nous. On n’a pas attendu 8Mile non plus. On a une période où on était dans le clash. Le clash a toujours été dans l’esprit hip-hop. On a participé à des clashs au batofar en 2003. Ce qui nous dérange c’est l’aspect négatif (humiliation, lorsque ça touche à la famille).  

Newsfromabc : Beaucoup d’artistes essayent de retranscrire ce qu’ils vivent à travers leur musique. Est-ce votre cas ?

Bien sûr ! On part avant tout de notre vécu. Ça peut arriver qu’on s’inspire de ce que l’on voit mais notre base c’est notre vécu majeur.

Newsfromabc : Pourquoi-avez vous-décidé d’exprimer vos idées sous formes de rap ? 

On a toujours baigné dans la musique. Nous avons choisi le rap parce que c’est le style qui nous a le plus attiré. On aime évidement d’autres styles comme la pop, l’afro et pleins d’autres. Nous avons toujours été éclectiques, ceux qui nous connaissent le savent. Mais il y a eu Dr Dre, Snoop Dog et on a flashé sur le rap.

Newsfromabc : Quelle est selon vous la particularité du rap comorien ?

Je pense que c’est le fait d’être influencé par beaucoup de musiques que ce soit les musiques africaines ou les musiques traditionnelles. C’est ce qui fait selon moi la particularité du rap comorien. L’histoire douloureuse de notre pays en fait aussi sa particularité.

Newsfromabc : Prévoyez-vous quelques dates de concerts aux Comores ?

Nous avons déjà fait une tournée en 2011. L’accueil était super chaleureux. D’autres projets sont en cours. Dans quelques mois nous allons sortir un projet intitulé Primavera.

 

  

Newsfromabc : Un message à faire passer à vos fans ? 

Restez connectés, on travail sérieusement sur notre projet. De belles surprises arrivent ! 

 

Retrouvez Pompes Fungrès très prochainement pour leur futur projet « Primavera » #Onresteconnecté

Ylang-Ylang, la perle des Comores.

Usuri qui veut dire beauté en langue swahili est une marque de cosmétique bio et 100 % naturelle créée par Wassilati Mbae. C’est aussi le travail, l’acharnement d’une femme pour valoriser son pays. Pour créer sa marque, l’entrepreneuse a dû faire des sacrifices et consacrer pratiquement 3 ans de sa vie pour l’étude de son projet. Afin d’offrir des produits de haute qualité à ses clients, madame Mbae a fait le choix de travailler directement avec les producteurs locaux d’Ylang-Ylang aux Comores.

L’Ylang-Ylang c’est La fleur par excellence dans l’archipel des Comores. Les Comores sont connues comme étant les premiers producteurs d’Ylang-Ylang. Pour son interview avec Newsfroambc, Wassilati Mbae va nous évoquer les atouts de sa marque, de son engagement et va nous faire part des bienfaits de la fleur d’Ylang-Ylang.

Newsfromabc : Pouvez-vous présenter votre marque ? 

La naissance de la marque Usuri a été faite pour valoriser et faire découvrir les Comores et la fleur d’Ylang-Ylang. La fleur d’Ylang-Ylang est un atout pour le développement économique d’un pays. C’est une marque qui met en avant un produit exceptionnel dont les bienfaits sont méconnus. Un produit de haute qualité, engagé et qui répond à un besoin actuel de notre époque. Les produits Usuri qui sont des produits bio et 100 % naturelles sont conçus pour prendre soin de l’intérieur pour une beauté extérieure.

Newsfromabc : Sur le packaging de vos produits apparaissent les noms Paris et Comores. Pourquoi Paris ?

J’ai choisi les noms Paris-Comores pour faire une belle alliance entre le luxe et l’authenticité. Pour faire d’une manière intelligente notre collaboration entre les Comores et la France.

Newsfromabc : D’où vient cette passion pour le naturel ?

Je suis un enfant issu d’une famille nombreuse. Mon lien avec la nature a commencé depuis mon jeune âge. J’avais l’habitude d’aller au champ pour travailler avec ma grand-mère. J’allais dans les collines chercher le clou de girofle, les feuilles de thé, le coco, le « tsambou. » Et ce fut un bon souvenir.

 

Une amoureuse de la nature.

Newsfromabc : Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées au lancement de votre entreprise ?

Pour se lancer dans l’entreprenariat il faut d’abord croire à ce que l’on fait. Il y a 10 ans il n’y avait pas beaucoup de femmes entrepreneuses comme aujourd’hui. Les principales difficultés étaient de créer une marque dans un domaine où je n’ai pas eu de formations spécifiques. Il fallait tout dessiner, mon modèle du business qui est assez particulier. La maîtrise du domaine de la cosmétique, la maîtrise également d’un produit peu connu et complexe et ainsi créer la première marque de cosmétique comorienne. Je suis partie avec très peu de moyen et le manque des réseaux d’accompagnement était aussi un handicap. Aujourd’hui beaucoup de choses ont changées.

Newsfromabc : Quels sont les atouts de votre marque face à la concurrence ?

Scientifiquement il a été prouvé que l’Ylang-Ylang agit dans la psychique. Une grande partie de ses molécules agissent contre le stress et l’angoisse qui sont les premiers principaux problèmes pour la peau et le capillaire. Usuri s’adresse à la femme d’aujourd’hui très active et indépendante. Elle veut assurer tous les rôles et veut être présente sur tous les fronts.

 

Usuri, une marque qui respecte les femmes !

Newsfroambc : Beaucoup de richesse sont à exploiter, à découvrir aux Comores. Et pourtant peu de personnes usent de cela pour en faire un métier. Cela est-il dû à la situation économique de l’archipel selon vous ?

Je ne pense pas. Nous avons besoin de modèles pour oser entreprendre. Il faut savoir identifier les produits porteurs et s’ouvrir aux réseaux autres que les Comores. Effectivement notre pays représente beaucoup d’handicaps mais les changements et les solutions appartiennent au peuple. C’est d’abord une question de croyance et de connaissance du marché.

Newsfromabc : Comptez-vous utiliser d’autres matières premières pour vos produits ?

Oui évidement. Différents projets sont en cours. Mon objectif est de faire découvrir la richesse de la biodiversité comorienne et d’offrir ce qu’il y a d’exceptionnel à nos clients. L’Ylang-Ylang est une fleur exceptionnelle qui a multiples bienfaits que nous offrirons au fur et à mesure à nos clientes. Nous avons de belles surprises pour elles.

Newsfromabc : Comment voyez-vous l’avenir de la cosmétique aux Comores ?

Je la vois très riche et intéressante. Je suis quelqu’un qui aime le progrès.  La cosmétique aux Comores doit se développer avec l’innovation d’un esprit moderne et ouvert.

Newsfromabc : Auriez-vous un secret beauté à nous recommander ?

J’ai envie de dire à la femme comorienne de prendre soin d’elle et lui dire qu’elle a la grâce et une peau magnifique. Je lui dis d’utiliser des produits qui la respecte afin de garder sa beauté naturelle. Usuri est une marque qui vous réconcilie avec vous-même.

Newsfromabc : Des conseils pour ceux qui hésitent à se lancer dans l’entreprenariat ?

Cela dépendra des raisons pour lesquelles ils veulent entreprendre et quels sont les objectifs. Pour surmonter les difficultés, il faut s’amuser et s’épanouir de ce qu’on fait. Il faut s’ouvrir aux autres, aller chercher les connaissances qui nous manquent. « Tout le monde peut entreprendre mais tout le monde n’est pas entrepreneur. »

Les Comores c’est aussi ça :